Almanachs et calendriers anciens : un marché de collection qui ne faiblit pas

Almanachs anciens et calendriers postaux du début du XXe siècle sur un bureau en bois

Une vieille édition de 1923 trouvée dans le grenier d’une grand-mère, un calendrier des PTT cartonné des années 50 sauvé d’un vide-grenier, un almanach de Liège du XVIIIe sièclé exhumé d’une malle… Voilà ce qui alimente, en silence, l’un des marchés de collection les plus actifs en France. Loin des projecteurs des cartes Pokémon ou des sneakers, les almanachs et calendriers anciens tracent leur route depuis des décennies. Le marché reste vivant, les cotes grimpent doucement sur les pièces rares, et les passionnés (qu’on appelle calendophiles ou buxidaphiles) se comptent par milliers.

Le terme paraît désuet. La réalité l’est beaucoup moins. Avec 18 millions d’exemplaires distribués chaque année rien que pour l’almanach du facteur, le filon est inépuisable, et les amateurs savent reconnaître les bonnes pioches.

Pourquoi le marché des almanachs anciens reste si actif

Trois forces se conjuguent pour maintenir la demande. D’abord, le côté affectif : presque chaque famille française a eu, à un moment, un almanach du facteur accroché dans la cuisine ou rangé dans un tiroir. Cette mémoire collective alimente un marché de la nostalgie qui touche les 50-75 ans en priorité. Ensuite, l’intérêt patrimonial : ces objets sont des témoins datés, illustrés, qui racontent l’histoire sociale, économique et même politique de leur époque. Un almanach de 1943 ne montre pas la même France qu’un calendrier de 1968. Enfin, l’aspect graphique : les illustrations chromolithographiées du XIXe sièclé, les photographies sépia des années 30, les dessins kitsch des années 70… tout ça séduit aujourd’hui les amateurs de déco vintage.

Comme pour les objets anciens datés, l’état de conservation joue un rôle crucial dans l’estimation des almanachs.

Les prix le confirment. Sur les plateformes spécialisées (Delcampe, eBay, Leboncoin), un almanach du facteur courant des années 60 se trouve entre 5 et 14 euros. Mais une édition rare d’avant 1900 peut atteindre 100 euros, et certaines pièces de très haut niveau (Almanach Hachette de la Belle Époque, calendriers Lefèvre-Utile de 1897) flirtent avec les 300 à 500 euros. Les maisons d’enchères comme Conan Belleville organisent régulièrement des ventes thématiques. La fourchette est large, ce qui rend le démarrage accessible tout en laissant la place à des coups financiers.

Pour conserver ses collections dans les meilleures conditions, certains calendophiles utilisent des méthodes spécifiques.

Et puis il y à la spécificité française : nulle part ailleurs en Europe le calendrier postal n’a pris une telle ampleur populaire. C’est notre objet, presque notre madeleine. Difficile pour le marché de s’effondrer tant que les générations qui ont vécu avec restent acheteuses.

Aux origines : du mot arabe al-manākh à Nostradamus

L’almanach n’a pas commencé avec la Poste française. Le mot vient de l’arabe al-manākh, qui désignait à l’origine un calendrier climatique. Le terme entre en Europe au XIIe sièclé, via les échanges avec le monde musulman, et désigne pendant longtemps un document calendaire à vocation astronomique et agricole. On y trouve les phases de la lune, les solstices, les éclipses, les fêtes religieuses, et des conseils pour semer.

Le premier almanach imprimé en français aurait vu le jour à Troyes en 1464, sous un titre savoureux : L’Armenac des Barbiers. À partir du XVe sièclé, ces documents deviennent de véritables encyclopédies populaires. On y ajoute des recettes médicinales, des anecdotes culturelles, des proverbes, des prédictions météo.

Et puis arrive Nostradamus. À partir de 1550, Michel de Nostredame publie chaque année son propre almanach, mêlant calendrier, médecine, astrologie et prophéties. Le succès est foudroyant. Ces almanachs nostradamiques se vendent à des dizaines de milliers d’exemplaires dans toute l’Europe. Pour le collectionneur d’aujourd’hui, une édition originale de Nostradamus est un graal absolu : les exemplaires authentifiés passent en salle des ventes à plusieurs milliers d’euros, parfois plus de 10 000 pour les éditions parisiennes des années 1560.

Au XVIIe sièclé, l’almanach se démocratise grâce aux colporteurs qui sillonnent les villages. L’Almanach Liégeois (dit Mathieu Laensbergh) devient le plus diffusé de France et de Belgique. Vous trouverez encore des exemplaires du XVIIIe sièclé entre 80 et 300 euros selon l’état, avec une cote qui monte régulièrement chez les libraires spécialisés.

L'almanach du facteur, deux sièclés et demi dans les foyers français

L’almanach du facteur, deux sièclés et demi dans les foyers français

Tout démarre en 1758 avec la création de la Petite Poste de Paris. Les facteurs, pour remercier les habitants de leurs étrennes du Nouvel An, prennent l’habitude d’offrir de petits calendriers muraux. Au début, c’est artisanal : un simple carton recto-verso, avec calendrier grégorien et républicain, heures d’ouverture des bureaux de poste, dates des marchés.

Le nom évolue. Almanach de la Petite Poste, puis Étrennes du Facteur, puis Calendrier de Bureau, puis enfin Almanach des Postes en 1810. En 1849, l’administration des postes officialise la distribution. En 1855, l’almanach devient un document de service obligatoire, avec saints, infos postales, parfois cartes géographiques.

Le tournant esthétique arrive avec François-Charles Oberthur, imprimeur rennais. En 1859, il invente l’almanach départemental et lui donne sa forme moderne : couverture cartonnée illustrée, feuillets internes, format 21 x 27 cm collés sur cartons à six mois recto-verso. C’est à cette époque que les autres imprimeurs entrent en scène : Mary-Dupuis de Noyon dès 1857, puis la Société Oller. Le monopole tombe en 1870, ce qui ouvre une vraie diversité d’éditions.

Côté appellations : Almanach des Postes et Télégraphes en 1880, Almanach des PTT en 1945, et enfin Almanach du Facteur depuis 1989, nom qu’il porte encore aujourd’hui. Une nomenclature précise qui aide à dater rapidement une pièce : si le titre porte « PTT », vous êtes entre 1945 et 1989. Si c’est « Postes et Télégraphes », c’est entre 1880 et 1945.

Pour le collectionneur, certaines années valent plus que d’autres. Les éditions 1914-1918 (propagande patriotique, soldats, drapeaux) intéressent les passionnés de la Grande Guerre. Les éditions 1939-1945, avec portraits de Pétain puis De Gaulle en 1945, sont parmi les plus recherchées. Le passage à l’euro en 2002, avec reproduction des nouveaux billets, fait aussi grimper la cote. Et les illustrations animalières (chats, chiens, paysages) des années 60-80, sans grande valeur historique, restent les plus abordables : 3 à 8 euros pièce en brocante.

Les calendriers publicitaires, vrai terrain de chasse graphique

À côté de l’almanach postal, une autre famille mérite l’attention : les calendriers publicitaires. Au tournant du XXe sièclé, les grandes marques françaises se sont mises à offrir des calendriers illustrés à leurs clients. Lefèvre-Utile (LU) sort en 1897 son premier calendrier publicitaire, devenu pièce de référence. Suivent Liebig, Banania, Bonbons Pierrot, Chocolat Menier, Pernod, Byrrh… toute une époque où le calendrier servait de support publicitaire annuel, généreusement illustré, parfois signé par des affichistes connus.

Ces calendriers sont aujourd’hui chassés pour leur valeur graphique. Une chromolithographie en bon état signée Alfons Mucha (rare, mais ça existe) se négocie à quatre chiffres. Plus accessibles : les calendriers Banania des années 30-50, entre 30 et 80 euros. Les calendriers de pharmacie, distribués gratuitement par les officines, se trouvent entre 5 et 25 euros, et leur charme rétro (femme élégante tenant un flacon, scène champêtre) plaît beaucoup en déco.

Le format est variable : grand format à suspendre, calendrier de poche en accordéon, calendrier de comptoir cartonné. La cote dépend de quatre paramètrès : la marque (LU, Liebig et Pernod en tête), l’année (avant 1920 = forte plus-value), l’illustrateur (Cappiello, Mucha, Chéret tirent les prix), et bien sûr l’état.

Les autres familles d’almanachs convoitées

Tout n’est pas que postal ou publicitaire. Le marché compte plusieurs sous-genres qui valent qu’on s’y arrête.

L’Almanach Hachette, lancé en 1894 et publié jusqu’en 1973, était une vraie encyclopédie populaire de 600 pages avec actualités, sciences, jeux, médecine. Les éditions Belle Époque (1894-1914) sont les plus cotées, autour de 40 à 80 euros en bon état. Plus l’almanach contient de chromolithographies, plus il vaut.

Les almanachs satiriques et politiques (Almanach du Père Peinard, Almanach Vermot à partir de 1886, Almanach des Postes-Étrennes des Facteurs régionaux) intéressent les amateurs d’histoire sociale. L’Almanach Vermot ancien (avant 1950) se trouve entre 8 et 30 euros, avec des éditions Première Guerre mondiale qui montent plus haut.

Les almanachs régionaux et folkloriques (Almanach du Marin Breton depuis 1899, Almanach des Bons Conseils, Almanach du Vieux Lyon) attirent une clientèle locale fidèle, prête à payer 15 à 40 euros pour les bonnes années. Le Marin Breton est devenu un objet culte en Bretagne.

Enfin, les calendriers à effeuiller, ces petits blocs muraux avec une page par jour, ont leur public. Les éditions Bloch (Paris) des années 30-50, avec proverbes, conseils ménagers et illustrations, se négocient entre 10 et 35 euros. Souvent oubliés des grandes collections, ils représentent une porte d’entrée pas chère pour démarrer.

Estimer la valeur d’un almanach ancien : les vrais critères

La cote d’un almanach ne se devine pas, elle se construit sur des paramètrès précis. Voici ce qui fait monter (ou descendre) un prix.

CritèreImpact sur la cote
Année d’éditionAvant 1900 = forte plus-value ; 1914-1918 et 1939-1945 = recherchés
État généralCouverture intacte, pages non déchirées, dos solide : +50 à 100%
Présence d’illustrationsChromolithographies, gravures couleur : multiplicateur x2 à x5
Rareté du tirageAlmanachs régionaux ou de petites maisons : prime à la rareté
Signature ou marqueMucha, Cappiello, Chéret, LU, Liebig : forte cote
ComplétudeToutes les pages, pas d’arrachage, encart publicitaire d’origine
ProvenanceTampon de bibliothèque, dédicace, lien historique : bonus 20-30%

Trois pièges à éviter pour ne pas surévaluer. Premier piège : les reproductions modernes. Beaucoup d’éditeurs ont réimprimé d’anciens calendriers Banania ou LU en fac-similé dans les années 80-90. Ces reproductions n’ont aucune valeur de collection, juste une valeur déco. Vérifiez le papier (le vrai ancien est jauni, légèrement piqué), l’impression (chromolithographie d’origine vs offset moderne), et la présence éventuelle d’une mention « reproduction » ou d’un copyright récent.

Deuxième piège : l’état déclaratif sur les annonces en ligne. « Très bon état » sur Leboncoin couvre tout et son contraire. Demandez toujours des photos détaillées de la tranche, du dos, de l’intérieur des plats, et des coins.

Troisième piège : la confusion entre almanach et simple calendrier mural. L’almanach contient des pages internes (saints, marchés, foires, articles divers). Le calendrier mural simple, lui, n’a souvent qu’un grand carton illustré sans contenu textuel. Les deux se collectionnent, mais ne se valorisent pas pareil.

Pour les estimations sérieuses, le site argus-collection et les ventes archivées de Conan Belleville donnent des références solides. Les libraires spécialisés (Librairie du Camée à Paris, certaines boutiques de Lyon et Toulouse) proposent aussi des expertises gratuites.

Authentifier et dater un almanach : les signes qui ne trompent pas

Distinguer un original d’une reproduction demande un peu de pratique, mais quelques repères suffisent pour éviter les grosses erreurs.

Le papier d’abord. Un almanach de 1900-1940 utilise un papier acide qui jaunit, parfois pique, et garde une certaine raideur. Un papier blanc, lisse, sans odeur de vieux, est suspect. Touchez, sentez. Les reproductions ont une odeur d’encre fraîche et une souplesse trop nette.

L’impression ensuite. Au XIXe sièclé et jusqu’aux années 30, les illustrations sont chromolithographiées. Sous une loupe (grossissement x10 suffit), on voit la trame grossière, parfois les superpositions de couleurs légèrement décalées. À partir des années 50, on passe à l’offset, dont la trame est beaucoup plus fine et régulière. Si vous voyez du tramage offset sur un almanach « 1920 », il y à un problème.

Les mentions légales et l’orthographe. Les vieux almanachs portent toujours le nom de l’imprimeur, la ville, parfois un numéro de dépôt légal. Une réimpression moderne signale presque toujours son origine en pied de page (souvent sur la dernière page intérieure ou la quatrième de couverture). L’orthographe française a évolué : avant 1932, on écrit encore « j’avois », « j’étois » dans certains textes. Et les noms de villes ont parfois changé : Petrograd dans un texte indique 1914-1924 (la ville s’appelle Saint-Pétersbourg avant et après).

Pour dater un almanach du facteur sans année visible, plusieurs astuces. Les images politiques sont datantes : portrait de Pétain = 1939-44, De Gaulle en uniforme = 1944-46, croix de Lorraine = Libération. Les publicités intérieures aussi : une réclame Frigidaire à essence place automatiquement la pièce dans les années 30. Les vêtements représentés (coiffes féminines, chapeaux, longueurs de jupes) permettent de zoomer à 5-10 ans près.

Où acheter et vendre : les circuits du collectionneur

Le marché des almanachs anciens vit en réseau, avec des canaux bien identifiés.

Pour acheter à prix modeste, les brocantes de villages restent le meilleur terrain. Les héritages se vident, les granges aussi. Comptez 2 à 10 euros pour un almanach du facteur courant des années 60-70 trouvé en province. Les vide-greniers d’avril à octobre sont la saison. Allez tôt le matin, repérez les stands de livres anciens, demandez s’il y à des « calendriers ou almanachs ».

Pour les pièces plus rares, les bourses spécialisées de cartophilie et collection (Salon Collectionneurs de Paris, Bourse de Saint-Mandé, Forum International de la Carte Postale de Cannes) regroupent des marchands sérieux. Vous trouverez des fournisseurs qui ont des stocks d’almanachs classés par année et par éditeur. Les prix sont plus tenus qu’en brocante, mais l’authenticité est garantie.

En ligne, trois plateformes dominent. Delcampe est la référence pour les collectionneurs européens, avec recherche avancée par décennie, éditeur, état. eBay couvre un volume plus large mais avec plus de variabilité de qualité. Leboncoin reste un bon plan pour les lots locaux (souvent du déballage d’héritage à petit prix). Pour les pièces très rares, Catawiki et Conan Belleville organisent des ventes thématiques.

Pour vendre, la même logique inversée. Une pièce courante se vendra mieux en lot (10 à 20 almanachs ensemble) qu’à l’unité. Une pièce rare gagne à passer en vente aux enchères thématique, où les acheteurs sont qualifiés. Les boutiques en dépôt-vente prennent une commission de 25 à 35%, mais elles touchent un public local qu’on n’atteint pas autrement.

Un conseil de vieux loup : photographiez bien. Lumière naturelle, fond neutre, vues sous plusieurs angles, gros plans sur les illustrations et les défauts. Une bonne photo double votre prix de vente, c’est documenté par les vendeurs réguliers sur Delcampe. Pour aller plus loin sur la technique de photographie d’objets, certains tutoriels dédiés expliquent les bases.

Conserver une collection sans la dégrader

Les almanachs anciens souffrent du temps, de la lumière et de l’humidité. Quelques règles simples permettent de stabiliser ce qui peut l’être.

L’ennemi numéro un, c’est l’acidité du papier. Avant 1950, la plupart des almanachs sont imprimés sur papier mécanique acide qui se dégrade chimiquement avec le temps. Le papier jaunit, devient cassant, finit par s’effriter sur les bords. Pour ralentir le processus : pochettes en polypropylène neutre (jamais de PVC, qui rejette des composés chimiques), boîtes de conservation en carton non acide (type Klug Conservation ou Secol), température stable entre 16 et 20°C, humidité relative entre 45 et 55%.

La lumière, ennemi numéro deux. Les UV décolorent les chromolithographies en quelques années si l’almanach est exposé. Évitez l’affichage prolongé près d’une fenêtre. Si vous tenez à présenter vos plus belles pièces dans un cadre, utilisez un verre anti-UV (type Tru Vue Conservation Clear) qui filtre 99% des ultraviolets.

L’humidité, troisième problème. Les caves humides détruisent une collection en cinq ans. Les greniers surchauffés en été aussi (le papier devient cassant). Le bon compromis : un placard intérieur, en pièce chauffée, avec sachets déshydratants au silica gel renouvelés deux fois par an.

Pour la manipulation, gants en coton fins (les gants en latex transpirent et collent au papier). Toujours soutenir la couverture en feuilletant. Ne jamais corner les pages. Et surtout, jamais de scotch transparent pour réparer une déchirure : il jaunit, déforme et rend impossible une vraie restauration ultérieure. Pour les pièces de valeur, utilisez du papier de soie japonais et de la colle d’amidon, ou confiez-les à un relieur-restaurateur.

Quelques pièces majeures méritent un soclage ou un encadrement sur mesure. Comptez 80 à 200 euros pour un encadrement professionnel avec verre anti-UV et passe-partout en carton conservation. C’est un investissement qui se justifie pour une pièce ancienne et illustrée.

Démarrer sa collection : la méthode pas à pas

Commencer aujourd’hui dans les almanachs et calendriers anciens reste très accessible, à condition d’avoir une stratégie plutôt que d’acheter au hasard.

Première étape, choisir un axe. Collectionner « les almanachs » en général, c’est le meilleur moyen de finir avec une accumulation sans cohérence. Trois angles fonctionnent bien : par période (XIXe, Belle Époque, années 30, après-guerre), par type (uniquement les almanachs du facteur, ou uniquement les calendriers publicitaires LU), ou par thème (almanachs religieux, almanachs satiriques, calendriers d’une région précise). Un axe clair donne du sens, facilite les estimations, et rend la collection vendable plus tard.

Deuxième étape, se constituer un budget mensuel. 30 à 50 euros par mois suffisent pour démarrer sérieusement. À ce rythme, vous remplissez une jolie collection thématique en deux ou trois ans. Évitez les coups de cœur impulsifs au-dessus de 100 euros tant que vous n’avez pas l’œil pour repérer une bonne affaire.

Troisième étape, se former. Lisez deux ou trois livres de référence (Le Calendrier des Postes, deux sièclés d’histoire de Daniel Tant, ou les catalogues raisonnés Oberthur). Consultez les ventes archivées sur Delcampe pour comprendre les fourchettes de prix réels (et non les prix demandés). Rejoignez un club ou un forum (Calendophiles de France, groupes Facebook spécialisés) où les anciens partagent leurs trouvailles et leurs alertes.

Quatrième étape, tenir un inventaire. Excel ou Notion suffisent. Pour chaque pièce : année, éditeur, titre exact, état, prix d’achat, lieu d’achat, particularités. Cet inventaire vaut de l’or pour les assurances, pour la revente future, et pour suivre la progression réelle de votre patrimoine.

Cinquième étape, accepter de revendre. Une collection vivante évolue. Les pièces achetées en début de parcours, sans expérience, sont souvent les premières à partir au profit d’achats plus ciblés. Ne gardez pas tout par sentimentalisme. Une collection de 200 pièces choisies vaut souvent plus qu’une accumulation de 800 sans tri.

Et un dernier point : prenez du plaisir. Le marché des almanachs n’est pas une bourse de valeurs, c’est une passion qui rapporte si on s’y donne, mais qui paie surtout en émotions. Une vieille édition de 1907 trouvée dans un carton à 3 euros, c’est aussi (et peut-être surtout) une petite victoire personnelle qui n’a pas de prix.

Questions fréquentes sur la collection d’almanachs anciens

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Quel est le calendrier le plus ancien qu’on peut espérer trouver ?

Pour un calendrier postal français, on peut raisonnablement viser une édition des années 1810-1830, mais ces pièces sont rares et chères (200 à 600 euros selon l’état). Pour un almanach généraliste type Mathieu Laensbergh, on trouve des exemplaires du XVIIIe sièclé (1750-1790) dans les ventes spécialisées, à partir de 80 euros pour les états moyens, jusqu’à 400 ou 500 pour les beaux exemplaires complets.

Quelle différence entre un almanach et un calendrier ?

Un calendrier indique simplement les jours, semaines et mois de l’année, parfois avec des fêtes ou saints. Un almanach contient en plus des pages de contenu : conseils agricoles, prédictions météo, recettes, anecdotes, prières, articles divers. L’almanach est donc un petit livre annuel avec calendrier intégré, tandis que le calendrier reste un document à dominante visuelle et fonctionnelle. Cette distinction joue sur la cote : un almanach complet vaut généralement plus qu’un simple calendrier de la même époque.

Comment savoir si un calendrier vaut plus qu’il n’en a l’air ?

Quatre signaux à chercher en priorité. Une signature d’illustrateur connu (Mucha, Cappiello, Steinlen, Chéret) au bas d’une chromolithographie. Une date antérieure à 1920. Une marque prestigieuse (Lefèvre-Utile, Liebig, Cinzano, Pernod). Et un état au top, c’est-à-dire couverture nette, pas de cornes, pages internes complètes, dos solide. Si vous cumulez deux de ces critères, vérifiez auprès d’un expert avant de vendre.

Faut-il assurer une collection d’almanachs ?

Au-delà de 2 000 ou 3 000 euros de valeur cumulée, oui. Votre assurance habitation classique ne couvre pas les objets de collection à leur juste valeur. Une extension « objets de valeur » coûte généralement 50 à 150 euros par an pour une collection de 5 000 à 10 000 euros, avec une déclaration détaillée. Pour les pièces individuelles dépassant 1 000 euros, demandez un certificat d’expertise (50 à 150 euros la pièce) qui servira de référence en cas de sinistre ou de revente.

Les almanachs récents (années 80-90) ont-ils une valeur de collection ?

Très faible aujourd’hui, mais ça peut évoluer. Les almanachs du facteur des années 80-2000 se trouvent à 1 ou 2 euros en brocante, parfois donnés. Leur cote pourrait remonter dans 20 à 30 ans, quand la génération qui les a vus enfants commencera à les rechercher avec nostalgie. C’est un pari long terme à très petit budget : un lot de 30 almanachs des années 90 vous coûtera moins de 50 euros et stocke sans problème.

Comment réparer une couverture déchirée sans abîmer la valeur ?

Aucune réparation amateur ne respecte la valeur. Le scotch transparent jaunit en cinq ans, déforme le papier et bloque toute restauration future. La colle blanche ramollit la cellulose. Si la pièce a de la valeur (au-delà de 30 euros), confiez-la à un relieur-restaurateur qui utilisera du papier japon et de la colle d’amidon réversibles. Comptez 40 à 120 euros pour une restauration légère. Pour une pièce sans valeur marchande qu’on garde par sentimentalisme, autant la laisser telle quelle dans une pochette neutre, ça vieillira mieux qu’avec une réparation maison.

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